vendredi 22 juillet 2011

L’histoire de la semaine… en détails !

J’avais déjà évoqué cette démarche ICI il y a quelques temps. J’ai envie aujourd’hui de vous la présenter plus en détails, car c’est vraiment un outil de classe TRES intéressant.

Qu’est-ce que l’histoire de la semaine ?

C’est un outil de travail qui incite les élèves à produire de l’écrit. C’est aussi une démarche de production écrite au service de la compréhension des textes narratifs.

Quels sont les niveaux concernés ?

Je pense que cela peut débuter au cours du CE1, et peut être mis en place jusqu’au CM2. Je l’ai moi-même testé dans ces deux niveaux de classe.

D’où vient cette démarche ?

De ce fabuleux livre de Mireille Brigaudiot, que je vous recommande !

Brigaudiot

L’histoire de la semaine est évoquée en page 249 : "[…] Le maître affiche une feuille de format double de A3 et explique l’enjeu d’écriture : “pour vous entraîner à écrire des histoires qui ont un début, des événements et une fin, et qui ne soient pas trop longues, je mettrai une feuille comme ça sur le mur le lundi matin et on se mettra d’accord pour décider d’un début d’histoire. Je l’écrirai. A partir de là, vous pourrez écrire la suite que vous voulez, quand vous voulez, mais il y aura des conditions. La première condition est que chacun n’a le droit d’écrire qu’une phrase dans chaque histoire. La seconde est que l’histoire doit être terminée le vendredi à midi et la fin ne doit pas dépasser la feuille”. […]”

Pourquoi mettre en place un tel dispositif ?

Après la lecture de cet ouvrage, il a paru évident que parallèlement aux activités de lecture, des activités de production écrite auraient un bénéfice certain pour la compréhension des textes lus. En effet, elles aident d’abord les élèves à utiliser leur pensée pour imaginer et développe l’imagerie mentale : leurs idées se nourrissent des lectures déjà faites ou entendues, auxquelles s’ajoutent des éléments liés à leur vécu et à leurs connaissances, leurs centres d’intérêt. L’établissement de liens entre les connaissances du lecteur et l’univers d’un récit pourra ensuite être réutilisé en lecture et favoriser la rétention de l’information. En outre, l’histoire de la semaine amène les élèves à utiliser l’écrit pour dire et communiquer : il s’agit de prendre en compte un destinataire et de lui rendre possible la compréhension de ce que l’on a écrit. La production écrite développe aussi les notions de personnages, d’événements, et aide à la construction de la logique et à la structuration du cadre du récit : autant de compétences qui pourront être réinvesties en lecture. Enfin, elle peut permettre de traiter avec les élèves des questions phonologiques, grammaticales et lexicales.

Une fois que l’histoire est écrite, comment l’exploiter ?

Le vendredi soir, je recueille l’affiche et place une feuille vierge pour la semaine à venir. Dès le lundi, nous revenons sur l’histoire de la semaine précédente, afin de la relire, d’analyser les problèmes rencontrés, et de la réécrire en résolvant ces problèmes.

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Lors de ces séances, je distribue aux élèves une version dans laquelle les erreurs d’orthographe ont été rectifiées. En effet, il s’agit dans un premier temps de centrer les élèves sur le sens du texte, et non sur l’étude de la langue.

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Une grille de critères de réussite est conçue grâce à une séance menée collectivement après la première histoire de la semaine. Celle-ci est affichée au tableau et les élèves y ont listé tous les problèmes qu’ils ont été capables de percevoir. Elle est ensuite enrichie chaque semaine, histoire après histoire. Elle reste affichée en classe tout près des affiches sur lesquelles les élèves doivent écrire : ils peuvent ainsi la consulter avant d’ajouter une phrase pour continuer le récit.

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Les séances de relecture et de réécriture doivent-elles toujours être menées collectivement ?

Non, bien sûr ! Il est possible de travailler en groupes de besoin afin de cibler des compétences adaptées au niveau de chaque élève. On peut aussi créer des groupes hétérogènes et cibler une compétence précise, liée à une difficulté importante mise en évidence par l’enseignant à la lecture de l’histoire, par exemple.

Et ensuite, que deviennent ces histoires ?

Une fois les histoires corrigées, vérifiées et relues, les élèves sont invités à les illustrer : le choix de l’illustration la plus élaborée et la plus proche du texte est ensuite effectué collectivement.

Afin de valoriser le travail des élèves, il m’a fallu trouver comment exploiter ces histoires autrement qu’en les affichant dans la classe. En effet, si les élèves, au début, prenaient plaisir à les voir ainsi exposées et à les relire, elles ont rapidement commencé à passer inaperçu au milieu des autres affichages, de plus en plus nombreux. C’est là qu’interviennent les fameux “Petits Livres” (voir ICI) ! La création de tels supports permet aux élèves de mettre en valeur leurs productions écrites sous la forme d’un véritable objet, présentant toutes les caractéristiques d’une livre : une page de couverture avec le titre choisi par les élèves, leur nom en tant qu’auteur, l’éditeur (l’école), la collection (« Les Histoires de la Semaine »), l’année d’édition (leur année de …), une pagination conforme et la possibilité d’y ajouter quelques illustrations. De plus, cela permet de mettre en œuvre des activités liées aux T.U.I.C : utilisation de l’outil informatique et du traitement de texte. Enfin, ces créations ont généré dans la classe un véritable élan d’enthousiasme et le début d’une collection de petits livres, ajoutés un à un à la bibliothèque de classe aux côtés des œuvres créées par les auteurs bien connus des élèves. Parmi eux, quelques-uns ont même commencé à écrire et à illustrer leurs propres petites histoires, en me demandant ensuite l’autorisation d’utiliser les ordinateurs de la classe pour les « transformer » en petits livres.

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7 commentaires:

Anonyme a dit…

Comptes tu essayer de l'adapter pour les CP?

Angie a dit…

Et bien oui, j'y pense ! D'autant que je n'aurai a priori que 6 CP, donc, un petit groupe et que ce travail pourrait être vraiment intéressant dans ce contexte. Tel quel, ce ne sera pas avant la période 5. Mais pourquoi pas l'adapter sous forme de dictée à l'adulte par exemple ? Je réfléchis à tout ça. :-)

Anonyme a dit…

Merci, ton idée est super, je pense l'adopter pour la rentrée prochaine, même si je ne serai qu'à mi-temps, avec des ce2-cm1 (bon voire très bon niveau)
Avec tes CM2, leur faisais-tu également écrire une seule phrase ?
Tous les élèves sont-ils obligés d'y participer ?
J'ai également vu une idée de "cahier d'écrivains" qui me tentait bien, il va falloir que je choisisse car je ne pourrai pas faire les deux...

Angie a dit…

Il est très important de ne leur faire écrire qu'UNE phrase, car ce doit être un travail collectif. Avec plus d'une phrase par élève, certains auraient tôt fait de tout écrire, ou d'autres, rien du tout...
Tous les élèves ne sont pas obligés d'y participer, mais tous finissent par adhérer et avoir envie de mettre leur "patte" à l'histoire de la classe ;-).

Anonyme a dit…

Merci pour ta réponse. J'aurais encore quelques questions...
Lançais-tu une seule idée (et donc une seule histoire) par semaine, ou en faisais-tu plusieurs (une par groupe) ?
Penses-tu intéressant de leur donner des inducteurs au début (lorsqu'ils n'ont pas l'habitude) ou pas ? J'ai peur de n'avoir que des textes qui commencent par "Il était une fois une princesse..."
Merci beaucoup pour ton site, ça me donne plein d'idées !

Angie a dit…

J'ai travaillé sur une seule histoire par semaine (que je partageais ensuite en autant de morceaux que de groupes pour la réécriture) avec des CM2, mais aussi sur une histoire par groupe de besoin avec des CE1. En effet, dans ce niveau de classe, l'hétérogénéité en production écrite est très marquée et si certains écrivaient tous les jours, d'autres n'écrivaient jamais. Idem en réécriture, certains avaient du mal à y participer. Il y avait donc 3 histoires pour les 3 groupes de besoin de la classe et lors des phases de réécriture, chaque groupe travaillait sur une histoire qu'il n'avait PAS rédigée. Souvent, les plus performants travaillaient sur l'histoire des moins performants car c'est là qu'il y avait le plus de choses à revoir. On finissait par une lecture orale des histoires finalisées afin que chaque groupe puisse apprécier le résultat après corrections.
Pour les inducteurs, oui, je les ajoutais moi-même pour obliger les élèves à utiliser tel ou tel temps par exemple, ou pour obtenir autre chose que des histoires imaginaires, qui étaient les plus récurrentes !

grignote et barbotine a dit…

Je suis une grande adepte de M. Brigaudiot et je ne peux que recommander ce livre.
Un indispensable pour tous les enseignants en cycle 2 débutants ou non.

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